jeudi 22 septembre 2011

Introduction aux blasons et à la science héraldique

Ville de Nancy
Du moyen-âge à nos jours, les blasons fascinent par leurs symboles et par leur histoire.
L’origine exacte du terme blason est méconnue. On l’attribue soit au latin « blasus», qui signifie «arme de guerre», soit au mot «blâsjan», du bas français de l’époque de Clovis, au Vème siècle, qui se rapporte à une torche enflammée et à la gloire, ou encore à l’allemand «blasen» , qui signifie sonner du cor, pour annoncer, entre autre, l’arrivée de personnes en armes.
  Les premières traces de son usage remonteraient à sept siècles avant J.C., selon Hérodote, lorsque les Cariens, marins et mercenaires du sud-ouest de l’Asie mineure, enseignèrent aux grecs à mettre des crinières au sommet de leurs casques, des insignes sur leurs boucliers et des courroies pour se les passer au bras.
Blason du Comte Clermont Bourbon
Il apparut en Europe au XIème siècle, pour permettre de distinguer les alliés des ennemis sur les champs de batailles, la légende racontant que dans la mêlée, un soldat eut l’idée de décrire à voix haute les vêtements et les armes du noble pour lequel il se battait à ses compagnons. Ceci le convertit en premier héraut de l’histoire occidentale, avant même l’existence du terme.

La naissance des blasons
Blason Charolais

L’alourdissement de l’armure des chevaliers par un heaume, qui cachait leur visage pour protéger leur tête et leur cou, rendait impossible de les identifier en pleine action, et ce en dépit des bannières qui portaient leurs couleurs, mais qui restaient plantées en arrière-garde. Vint alors l’idée de copier les motifs de leurs étendards sur leurs boucliers, selon des normes très précises, répertoriées par les officiels chargés de leurs armes, et de les annoncer lors des cérémonies et des tournois. Ainsi naquit la science héraldique, ou d’étude des armoiries, reposant sur la fonction des hérauts, autrefois ménestrels, qui comptaient la gloire de leur seigneur de village en village.

L’Ecu et ses revêtements
Vitry le François

 Support de bois, de fer ou de peau, il servait depuis l’antiquité, en même temps qu’à se protéger des coups, à impressionner l’ennemi. Les revêtements, dits «émaux» pour les blasons, suivront les mêmes constituants. On privilégiera l’or et l’argent pour les métaux, le vair et l’hermine pour les fourrures, et six couleurs de base pour la peinture a tempera sur bois. Il sera considéré de mauvais goût, ou comme une entorses aux règles héraldiques, de mélanger deux métaux ou deux fourrures différentes, ainsi que des couleurs considérées comme incompatibles entre elles, telles que le rouge, dit «gueule», et le bleu, dit «azur». Les exceptions sont réservées aux événements et aux personnages hors du commun.

L’écuyer
Chargé de porter les couleurs de son seigneur sur ses vêtements, il le représente en son absence, l’accompagne dans toutes ses batailles, soigne son cheval et se forme par son exemple à devenir chevalier, sur une période de sept années. Il en coûte le même temps aux suiveurs d’armes pour devenir hérauts, fonction qui se situe entre l’huissier de cérémonie, l’ambassadeur transmetteur de messages, et le diplomate pour différentes provinces.
Blason de Normandie
 Au commencement, ces spécialistes des blasons étaient rattachés à une terre, et changeaient de nobles en fonction des victoires et des défaites de leurs propriétaires. Les écuyers pouvaient à leur tour se former pour devenir hérauts au lieu de chevaliers, à la demande de leur seigneur en particulier, et leur restaient alors assignés.

Les pièces du blason
Elles constituent la séparation de l’écu en bandes, selon des tracés géométriques définis : «parti», pour une division verticale, «coupé», à l’horizontal, et «tranché», en oblique. Ces mots vont changer au fur et à mesure que ce découpage se complique et se répète : un blason «parti de trois» et «coupé d’un» sera donc partagé en trois bandes verticales distinctes et une horizontale en son milieu, et c’est dans ces termes que le héraut devra l’annoncer, en précisant ses couleurs, ses matières, et le détail des figures qui l’ornementent. Ces codes identifient la personne à laquelle ils se rattachent et sont compréhensibles par tous, à une époque où la lecture reste le privilège de quelques élus.

Les figures, dites «meubles», et leurs symboles
Basse Normandie

Tout objet, être vivant ou signe, peut constituer le meuble d’un blason : étoile, tour, plante, animal, élément. Les abeilles, par exemple, symbolisent l’espérance et sont l’emblème héraldique des princes, non-souverains d’un empire, peintes en or sur un chef (sommet du bouclier) d’azur. Une ancre renversée au cœur (centre du blason) d’azur représente les marins d’eau douce, qui assurent la navigation des fleuves et des grands lacs, ainsi que leurs villes, mélangée à d’autres figures.

Du bouclier à l’homme
Il reste à préciser que les côtés de l’écu sont appelés «des flancs», pour réaliser que l’écu et ses parties, chef, cœur, pointe (pied) et flancs, représentent le corps humain, en particulier celui de l’écuyer qui les porte comme habit.
Pour en savoir plus, et choisir vos symboles pour réaliser votre blason personnel, voici une liste de meuble héraldiques sur wikipedia.

Les armes
Blason de Saint Didier
Les armes sont constituées par l’ensemble des meubles, des couleurs et des figures représentés sur un écu, qui doivent pouvoir être décrites en langage héraldique, et qui jouent, d'une certaine façon, le même rôle qu'une marque ou qu’un logo d’aujourd’hui. Elles doivent être le plus simple possible, pour en favoriser une lecture rapide, puisqu’elles seront annoncées avant même de nommer leur titulaire, qui en est le propriétaire physique et moral.

Blasonner
C’est l’art du héraut qui consiste à énumérer à voix haute les pièces et meubles d’un bouclier : «De gueules à une croix d’or, cantonnée de quatre briquets du même, adossés deux à deux, qui est de Constantinople.»
Représentation très stylisée d'un briquet à battre la pierre (pièce métallique que l'on frappait avec un silex pour produire une étincelle). Son annonce en langage héraldique : "De gueules (rouge x 4 pièces) à une croix d’or, cantonnée de quatre briquets du même (or), adossés deux à deux, (qui se tournent le dos), qui est de Constantinople", d’où l’importance pour les hérauts de connaître les symboles de chaque ville et de chaque nations. Le même en argent est le blason de Serbie.
Source : Wikipedia.org

Les armoiries
Beaumont sur Sarthe
Les armoiries désignent les armes et leurs ornements complémentaires : heaume, couronnes, figures armées aux côtés, dit «tenants», et tout objet qui peut décorer la sculpture, peinture, tapisserie, gravure ou reproduction du blason pour l’encadrer, et parfois donner plus de précision sur le sujet de sa représentation, en fonction d’un contexte particulier par exemple. Elles restent également la propriété exclusive de leur titulaire.

Piratage
Il était interdit de copier le blason d’un autre pour s’en attribuer la gloire, et pourtant la mode des plagiats commençait déjà, des meubles similaires à ceux des grandes familles créant l’illusion d’un certain prestige.
A l’inverse, des couleurs portées lors d’une cuisante défaite, ou d’un acte de lâcheté, voire d’immoralité, pouvaient être abandonnées ou brisées, c’est-à-dire recoupées par d’autres motifs.

Au fil du temps
Blason Royal
 Chaque événement était susceptible de donner lieu à une modification de l’écu : lors d’un mariage, les armes de la famille de l’épouse venaient généralement s’ajouter à la gauche de celles de son mari. De même s’inscrivait l’acquisition de terrains, les modifications du château, l’ajout d’une croix à l’occasion d’une guerre sainte,et l’élévation de titre dans la noblesse, chaque rang ayant son symbole.

Un puits d’histoire
C’est ainsi que certains écus permettent de reconstituer, année par année, la vie des chevaliers devenus nobles, et de leurs ancêtres, dont les figures étaient reprises, de leurs domaines et de leurs cités, puisqu’on les retrouvait gravés non seulement sur leurs boucliers, mais aussi sur les portes et les rempart de leurs villes, sur les livres et les parchemins de leur époque et de leur région, sur les sculptures, les plaques des cheminée, les carrosses, les coffres, et autres objets de leur appartenance. C’est pour cela qu’au même titre que l’étude des sceaux, l’héraldique est aujourd’hui considérée comme l’une des sciences de l’histoire.

L’ancêtre des passeports
Juridiquement, les armes sont l'équivalent dessiné d'un nom propre, de famille ou de lieu, et en constituent l’emblème, de la même façon qu’un sceau, sur lequel elles étaient en partie gravées, et qui une fois imprégné dans la cire d’un cachet, certifiait une signature. De là naquirent les chevalières, ces bagues ornementées et sculptées en relief, issues d’une tradition d’hommes au combat qui devaient se transmettre des informations. On peut donc considérer les blasons comme une ébauche de documentations médiévales, associées aux personnes nées, par opposition aux manants qui ne possédaient point de titre, et que l’on désignait par des termes communs : du bois, du près, du pont.

Droit international
Ile de la Réunion

Les armes, soit l’ensemble des meubles (figures), couleurs et textures d’un blason en langage héraldique, constituent une propriété régulière, transmissible héréditairement, et susceptible d'être acquise (achetée, conquise, échangée) ou conférée, soit offerte pour former une alliance, ou par reconnaissance. Le droit associé aux armoiries s'apparente à celui des marques, et c'est probablement le premier objet sur lequel un titre de propriété international ait été élaboré, chaque royaume respectant les couleurs des autres, sans se les attribuer en dehors d’une annexe gagnée au combat, ou par mariage.

Dimension spirituelle
Maison des Lorente du Pays Basque
 Au commencement de cette tradition, l’héritier d’une maison et de ses armes n'était pas considéré comme noble par essence, tant qu’il n'avait pas prouvé sa valeur, son honneur et sa dignité, par ses propres actions et par sa conduite, redorant ainsi, le cas échéant, «le blason» de ses ancêtres. Rien n’était donc joué d’avance. Si les insignes retraçaient les hauts faits de ses aïeux, tant que les siens ne venaient pas s’y ajouter, il était reconnu comme vivant dans leur ombre.
  Confectionner un nouveau blason revient donc à matérialiser la réalisation de soi, à trouver sa place dans sa lignée parentale, à créer de nouvelles alliances, à se révéler au sein de sa cité, et pour finir, à se forger une identité dans le monde, et ce jusqu’à l’étranger.
  Si au fil des siècles la valeur morale s’est perdue et s’est rabaissée aux marchandages de titres, la valeur spirituelle des symboles médiévaux est restée intacte. Forgés par les archétypes de l’inconscient collectif, qui structurent aujourd’hui la mentalité de l’homme moderne, on les retrouve, depuis les images les plus profondes de ses rêves, jusque dans la marque de ses vêtements et de ses objets quotidiens, ainsi que sur les écussons de ses équipes sportives préférées, de ses grandes universités, et, pour finir, comme insignes de toutes ses entreprises.

Royal Air Force
La force émotionnelle mise en jeu ici n’a d’équivalent que la valeur marchande véhiculée par les logotypes des multinationales.
Réaliser  pour soi-même un blason original, c’est remonter à la source authentique de sa propre histoire et de sa vraie personnalité, pour se libérer, entre autre, des empruntes collectives qui ne correspondent pas toujours à notre nature profonde.

Sources : - Traité d'héraldique, de Michel Pastoureau, éditions Picard, Paris, 2008.
- Wikipedia.
- Un site exceptionnel sur ce thème, l’Héraldique et l’Art des Blasons.
- L’Art du Blason et Identité Graphique

Réalisation de votre blason personnel
avec
Sandrine Aulagnon
Restauratrice d'art et art-thérapeute.

«Je vous propose la réalisation d'un blason avec vos emblèmes, signe de votre accomplissement (choix de vos couleurs, de vos symboles). Mis dans la matière grâce à une technique "alchimique" permettant la création de sa propre palette de couleur avec un œuf. La Tempera all' uovo ou Peinture à l'œuf était la principale technique de peinture d'Art en Europe au Moyen Âge. La réalisation d'un blason signe et porte en cela les couleurs, les symboles, les signes ou les emblèmes, qui, par le sentiment, apportent une dimension active à cet accomplissement de Soi dans la matière et l'énergie».

Sandrine Aulagnon, D.E.A. en “Préhistoire, Archéologie, Histoire et Civilisation de l’Antiquité et du Moyen Age ” à l’Université de Provence, et diplômée de l'U.E.P.S.R.H (Université Européenne Privée des Sciences et Ressources Humaines). Relation d’aide et développement du potentiel humain, spécialisation en art thérapie, méthode d'expression à travers différentes techniques artistiques, et en connaissance du processus analytique selon C.G.Jung, à Mulhouse.
- Sa page Facebook :"Art dans tous ses états"
- Son groupe Facebook "Arts dans tous ses états"
- Son site web personnel : a-arts-s.fr
- Site partagé avec d’autres artistes : Couleurs du temps
Pour toute information au sujet de ses ateliers : 300 Ch. de la Cressonnière 83210 Soliès-Pont
Tel : 04 94 33 77 95 et 06 03 43 72 17 et 06 03 43 72 17

Chevalerie et Blason
Chemin Initiatique, Accomplissement de SOI

Présenté par Guy Garnier, Sandrine Aulagnon et Vincent Folatre.
Sur demande
Séminaire du Vendredi soir au Dimanche 17h00
Centre équestre Les Ibériades, lieu-dit Eternet à Malansac (56)
Aucun niveau équestre et en arts plastiques n'est demandé

Renseignements et inscriptions : Espace thérapies, La Luardaye 56200 Saint Martin sur Oust –09.50.76.03.84, 09.50.76.03.84

«L’âme de la chevalerie laisse en notre être un parfum subtil, délicat et puissant, familier et pourtant mystérieux. Elle plonge au plus profond de nos racines occidentales, en leur mémoire et leur imaginaire, et élève nos cœurs aux dimensions de l'éveil et des exigences initiatiques. Le blason est la langue sacrée de la chevalerie. Il a pour mission de «fixer» le feu des potentialités et la mémoire des hauts faits tout en affirmant l’exigence d’un accomplissement de Soi sans cesse renouvelé».Association Arts dans tous ses États.
Triptique de présentation de l'association Arts dans tous ses États

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